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Méthode · Raisonnement clinique

Ma méthode

Comprendre avant de traiter

Le raisonnement en mouvement

  1. 01Observer
  2. 02Construire une hypothèse
  3. 03Tester
  4. 04Intervenir
  5. 05Re-tester
  6. 06Adapter

Comprendre avant de traiter

Ma manière de pratiquer l’ostéopathie repose sur une idée simple :

je ne cherche pas à appliquer une technique. Je cherche d’abord à comprendre ce qui peut participer au problème.

Une douleur, une perte de mobilité ou une gêne fonctionnelle ne s’expliquent pas toujours par une seule cause.

Chez un sportif notamment, de nombreux éléments peuvent intervenir :

  • la charge d’entraînement ;
  • les antécédents de blessure ;
  • la mobilité disponible ;
  • la capacité musculaire ;
  • les contraintes répétées ;
  • la fatigue ;
  • la récupération ;
  • les adaptations mises en place par le corps.

Mon travail consiste donc à observer, tester, construire des hypothèses et vérifier si elles sont réellement pertinentes pour la personne que j’ai devant moi.

Une approche basée sur le raisonnement clinique

Je ne considère pas qu’un corps puisse être analysé à partir d’un protocole identique pour tout le monde.

Deux personnes peuvent présenter la même douleur sans avoir exactement les mêmes facteurs associés.

C’est pour cette raison que ma prise en charge repose avant tout sur le raisonnement clinique.

Je cherche à répondre à plusieurs questions :

Qu’est-ce qui déclenche réellement la gêne ?

Quelles fonctions semblent limitées ?

Quels éléments peuvent être modifiés ?

Une modification de ces éléments change-t-elle réellement le mouvement ou le symptôme ?

L’objectif n’est pas de trouver une explication parfaite à tout prix.

L’objectif est de construire une hypothèse suffisamment cohérente pour pouvoir la tester.

Observer, tester, intervenir, re-tester

Ma méthode suit une logique simple :

Observation

Hypothèse

Test

Intervention

Re-test

Cette dernière étape est essentielle.

Si je pense qu’une limitation de mobilité ou qu’une fonction musculaire participe au problème, il faut pouvoir vérifier si le fait de modifier cet élément produit réellement un changement.

Cela peut concerner :

  • une amplitude ;
  • un mouvement ;
  • une douleur ;
  • une sensation de tension ;
  • une capacité à produire un effort ;
  • une fonction sportive.

Si aucun changement cohérent n’est retrouvé, l’hypothèse doit pouvoir être remise en question.

La biomécanique comme outil d’analyse

La biomécanique occupe une place importante dans ma pratique.

Elle permet d’étudier la manière dont le corps :

  • produit des forces ;
  • absorbe des contraintes ;
  • organise ses mouvements ;
  • utilise ses différentes amplitudes ;
  • s’adapte aux sollicitations répétées.

Mais je ne considère pas la biomécanique comme une explication automatique de toutes les douleurs.

Trouver une asymétrie, une perte de mobilité ou une différence entre deux côtés ne signifie pas nécessairement avoir trouvé la cause du problème.

Ces éléments deviennent surtout intéressants lorsqu’ils permettent de construire une hypothèse testable.

La question n’est donc pas simplement :

« Existe-t-il une différence ? »

Mais plutôt :

« Cette différence semble-t-elle avoir une conséquence fonctionnelle chez cette personne ? »

Mobilité, fonction et adaptation

Je m’intéresse particulièrement à trois notions :

La mobilité

Une articulation ou un ensemble musculaire doit disposer d’une mobilité suffisante pour répondre aux contraintes imposées.

Une perte de mobilité ne provoque pas automatiquement une douleur.

Mais dans certains contextes, elle peut modifier la manière dont le corps organise un mouvement.

La fonction

Je ne cherche pas uniquement à savoir si une articulation « bouge ».

Je cherche surtout à savoir si elle permet au patient de réaliser correctement ce qu’il doit faire.

Pour un sportif, cela peut être :

  • courir ;
  • sauter ;
  • pousser ;
  • tirer ;
  • lancer ;
  • changer de direction ;
  • absorber un contact ;
  • répéter un geste à haute intensité.

La fonction reste donc au centre de l’évaluation.

L’adaptation

Le corps humain possède une capacité importante à s’adapter.

Une modification de mobilité ou de fonction peut être compensée ailleurs sans provoquer immédiatement de symptôme.

Mais lorsque les contraintes augmentent, que la récupération diminue ou que certaines capacités deviennent insuffisantes, ces stratégies peuvent devenir moins efficaces.

C’est particulièrement important dans le sport, où les charges sont élevées et répétées.

Je ne cherche pas à « remettre le corps en place »

Je ne considère pas qu’une douleur signifie nécessairement qu’une vertèbre, un bassin ou une articulation serait « déplacé ».

Le corps humain est beaucoup plus complexe que cela.

Mon objectif n’est donc pas de remettre une structure dans une position théorique idéale.

Je cherche plutôt à comprendre :

comment elle bouge,

comment elle fonctionne,

comment elle s’adapte,

et si une modification de cette fonction apporte réellement quelque chose au patient.

Le craquement n’est pas un objectif

Le bruit articulaire est souvent associé à l’ostéopathie.

Pourtant, une séance n’a pas besoin de faire « craquer » pour être pertinente.

Une manipulation articulaire n’est qu’un outil parmi d’autres.

Selon la situation, je peux utiliser :

  • des mobilisations articulaires ;
  • des techniques musculaires ;
  • des techniques actives ;
  • des techniques passives ;
  • du travail de mobilité ;
  • du travail fonctionnel ;
  • des manipulations lorsque je les considère pertinentes.

Le choix dépend toujours de l’objectif recherché.

Je ne choisis pas un problème pour pouvoir utiliser une technique.

Je choisis une technique en fonction du problème que j’essaie d’explorer ou de modifier.

Une technique n’est jamais une preuve en elle-même

Le fait qu’une technique produise un changement immédiat ne signifie pas automatiquement que l’hypothèse initiale était vraie.

Une amélioration peut avoir plusieurs explications.

C’est pour cette raison que je cherche à rester prudent dans l’interprétation des résultats.

La clinique doit permettre de guider la réflexion.

Elle ne doit pas devenir une justification automatique.

Une approche compatible avec les connaissances actuelles

Je ne cherche pas à défendre une technique simplement parce qu’elle appartient historiquement à l’ostéopathie.

Lorsque certaines explications anciennes ne sont pas compatibles avec les connaissances actuelles, elles doivent pouvoir être remises en question.

Ma pratique repose principalement sur :

  • l’anatomie ;
  • la physiologie ;
  • la biomécanique ;
  • le raisonnement clinique ;
  • les données scientifiques disponibles ;
  • l’observation individuelle du patient.

L’objectif n’est pas de prétendre tout savoir.

Il est au contraire d’accepter qu’une partie du travail clinique se déroule dans l’incertitude.

Une hypothèse doit pouvoir être fausse

C’est probablement le principe le plus important de ma méthode.

Si une hypothèse ne peut jamais être remise en question, elle ne permet pas réellement de progresser.

Je peux penser qu’une limitation de mobilité participe à un problème.

Je peux construire une prise en charge autour de cette hypothèse.

Mais si les tests, les re-tests ou l’évolution du patient ne correspondent pas à ce que j’attendais, je dois pouvoir changer de raisonnement.

Une hypothèse clinique n’est pas une vérité.

C’est une proposition que l’on cherche à confronter aux faits.

Une méthode particulièrement adaptée au sportif

Chez le sportif, cette logique prend encore davantage de sens.

La douleur ne peut pas être analysée indépendamment :

  • du volume d’entraînement ;
  • de l’intensité ;
  • des contraintes du sport ;
  • des antécédents ;
  • de la récupération ;
  • du calendrier ;
  • de la répétition des gestes ;
  • des capacités physiques du moment.

L’objectif n’est donc pas uniquement de diminuer une douleur.

Il est aussi de comprendre comment le sportif peut continuer à fonctionner, progresser et tolérer les contraintes nécessaires à sa pratique.

Ce que je cherche lors d’une consultation

Au-delà de la technique utilisée, je cherche surtout à répondre à trois questions :

Qu’est-ce qui semble réellement modifiable ?

Est-ce que cette modification produit un changement mesurable ou perceptible ?

Ce changement est-il utile pour le patient ?

C’est cette logique qui guide ma pratique.

Ma vision de l’ostéopathie

Je considère l’ostéopathie comme un ensemble d’outils permettant d’examiner et de modifier certaines composantes de la fonction musculosquelettique.

Mais ce sont les outils qui doivent s’adapter au raisonnement.

Pas l’inverse.

Je ne cherche donc pas à défendre une ostéopathie figée dans ses concepts historiques.

Je cherche à utiliser ce qui me paraît pertinent, cohérent et utile dans une prise en charge moderne.

Ma méthode en une phrase

Observer. Construire une hypothèse. Tester. Intervenir. Re-tester. Et accepter de changer d’avis lorsque les faits ne correspondent pas à ce que l’on attendait.

C’est cette démarche qui structure ma pratique de l’ostéopathie.