CHEVILLE
Comment fonctionne mon corps ?
Comment fonctionne la cheville pour avancer au-dessus du pied et propulser le corps ?
Fonction principale : permettre au corps d’avancer au-dessus du pied puis participer à la propulsion.
Ce guide explique le fonctionnement normal du corps. Il ne permet pas de poser un diagnostic.
La fonction avant la structure
La cheville doit résoudre un problème mécanique à chaque pas.
Le pied est posé au sol.
Mais le corps doit continuer à avancer.
La cheville doit donc permettre au tibia d’avancer au-dessus du pied, puis participer à la transformation de cet appui en propulsion.
Sa fonction n’est donc pas seulement de « fléchir le pied ».
Elle sert à faire progresser le corps par-dessus une base d’appui qui reste momentanément au sol.
Sur quels axes cette fonction doit-elle pouvoir s’organiser ?
L’articulation talo-crurale permet principalement dorsiflexion et flexion plantaire.
Pendant l’appui, la dorsiflexion permet au tibia d’avancer au-dessus du talus.
Les articulations de l’arrière-pied, notamment la sous-talienne, permettent au pied de s’adapter aux variations du sol et aux rotations du membre inférieur.
Le pied lui-même modifie sa forme pendant le pas.
Une cheville peut donc posséder une bonne amplitude « dans le vide » mais fonctionner différemment lorsqu’elle supporte le poids du corps.
La mobilité doit être évaluée en fonction de la charge.
Comment les forces s’organisent-elles autour de ces axes ?
La lecture de Neumann est utile pour expliquer comment muscles intrinsèques, tibial postérieur, fibulaires, fléchisseurs, extenseurs et triceps sural modulent la rigidité et la transmission de force selon la phase du pas.
Le triceps sural — soléaire et gastrocnémiens — joue un rôle majeur.
Pendant que le tibia avance, il contrôle cette progression de manière excentrique.
Puis, en fin d’appui, il contribue à la flexion plantaire et à la propulsion.
Le tibial antérieur contrôle notamment la position du pied lors du contact et participe à la dorsiflexion en phase oscillante.
Les fibulaires et le tibial postérieur participent au contrôle de l’arrière-pied et à l’organisation de l’appui.
L’équilibre contractile change donc au cours du même pas.
Comment le corps s’adapte-t-il lorsqu’un axe devient moins disponible ?
Si la dorsiflexion en charge devient limitée, le corps peut :
- décoller le talon plus tôt ;
- tourner le pied vers l’extérieur ;
- proner davantage ;
- réduire la longueur du pas ;
- déplacer le genou différemment ;
- modifier le travail de la hanche.
Après une entorse, il peut aussi réduire la vitesse ou éviter certaines directions.
Ces stratégies permettent de conserver la marche.
Le cheminement fonctionnel appliqué à la cheville
Quel objectif le corps cherche-t-il à accomplir ?
dorsiflexion ou mobilité d’arrière-pied moins disponible
triceps sural et muscles stabilisateurs travaillent dans une nouvelle organisation
pied, genou ou hanche modifient la progression au-dessus de l’appui
marche, squat ou course deviennent douloureux lorsque l’adaptation ne suffit plus à répondre à la demande.
Ce cheminement est un outil pédagogique pour comprendre une fonction. Il ne permet pas à lui seul de déterminer la cause d’un symptôme ni de poser un diagnostic.
Ce que les structures apportent à la fonction
Netter précise l’organisation de la talo-crurale, de la sous-talienne et des muscles de jambe ; Dufour et Pillu servent à replacer cette mécanique dans la progression du corps au-dessus du pied.
- Talo-crurale : dorsiflexion/flexion plantaire.
- Sous-talienne : adaptation de l’arrière-pied.
- Triceps sural : contrôle de l’avancée du tibia puis propulsion.
- Tibial antérieur : dorsiflexion et contrôle du pied.
- Fibulaires / tibial postérieur : contrôle de l’appui.
- Pied : transforme la mobilité de cheville en adaptation au sol.
Trois choses à observer
- Jusqu’où votre genou peut-il avancer au-dessus du pied sans que le talon se décolle ?
- Votre pied tourne-t-il pour gagner de l’amplitude ?
- Après une entorse, qu’est-ce qui manque réellement : mobilité, force, équilibre ou confiance ?
Explorer dans le simulateur
Scénarios :
- test genou-au-mur ;
- phase d’appui de la marche ;
- propulsion ;
- adaptation après entorse.
Quand cette fonction devient douloureuse
Comment ce contenu a été construit
Auteur : Warren Lhote — Ostéopathe D.O.
Le contenu distingue quatre niveaux :
- la fonction : ce que le corps cherche à accomplir ;
- l’anatomie : les structures qui rendent cette fonction possible ;
- la biomécanique : les axes, forces et contraintes qui organisent le mouvement ;
- l’application individuelle : ce qui doit être examiné chez une personne avant de conclure.
Une explication biomécanique cohérente n’est pas automatiquement la cause d’un symptôme chez une personne donnée.
Dernière révision : 29 août 2026.
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Références principales
- Netter FH. Atlas of Human Anatomy. Elsevier.
- Kapandji IA. Physiologie articulaire, tomes 1 à 3.
- Dufour M, Langlois K, Pillu M, Del Valle Acedo S. Biomécanique fonctionnelle — Membres, tête, tronc. Elsevier Masson.
- Neumann DA. Kinesiology of the Musculoskeletal System: Foundations for Rehabilitation. Elsevier.