DOS / BASSIN
Comment fonctionne mon corps ?
Comment fonctionnent le dos et le bassin pour transmettre les forces et orienter le tronc ?
Fonction principale : orienter le tronc et transmettre les forces entre le haut et le bas du corps.
Ce guide explique le fonctionnement normal du corps. Il ne permet pas de poser un diagnostic.
La fonction avant la structure
Le rachis n’a pas pour fonction de rester droit.
Il doit permettre au tronc de s’orienter, transmettre les forces et s’adapter aux mouvements des membres.
Se pencher.
Se redresser.
Tourner.
Porter.
Marcher.
Lancer.
Toutes ces actions demandent au rachis de trouver un compromis permanent entre mobilité et rigidité.
Trop mobile au mauvais moment, la force se transmet mal.
Trop rigide en permanence, le mouvement doit être trouvé ailleurs.
La fonction du système dos–bassin est donc moins de « bouger » que de moduler sa mobilité selon la tâche.
Sur quels axes cette fonction doit-elle pouvoir s’organiser ?
Le rachis thoracique, le rachis lombaire, le bassin et les hanches travaillent ensemble.
Le thorax participe fortement aux rotations du tronc.
Le rachis lombaire permet flexion-extension et une part plus limitée de rotation axiale.
Les hanches apportent une grande amplitude lors des mouvements globaux de flexion et de redressement.
Le bassin organise l’interface entre rachis et membres inférieurs.
Se pencher pour ramasser un objet n’est donc pas un mouvement « lombaire ».
C’est une fonction partagée.
Dans cette lecture fonctionnelle, la mobilité est évaluée par rapport à la tâche : où le système trouve-t-il le mouvement nécessaire ?
Comment les forces s’organisent-elles autour de ces axes ?
La lecture de Neumann aide à comprendre la modulation de la rigidité du tronc : les muscles ne cherchent pas une contraction maximale mais un niveau de force adapté à la tâche, à la charge et au bras de levier.
Les muscles érecteurs du rachis, le multifidus, les abdominaux, les muscles de hanche et les muscles du plancher pelvien/diaphragmatique participent à différents degrés à la stabilisation et à la transmission.
Le tronc n’a pas besoin d’être contracté au maximum.
Il doit produire juste assez de rigidité pour la charge et le mouvement demandés.
Lorsqu’on soulève un objet lourd, la demande de contrôle augmente.
Lorsqu’on marche, l’organisation doit au contraire rester suffisamment adaptable pour permettre les rotations naturelles du bassin et du thorax.
L’équilibre est donc dynamique.
Comment le corps s’adapte-t-il lorsqu’un axe devient moins disponible ?
Si une hanche participe moins à la flexion, le rachis peut fournir davantage de mouvement.
Si le thorax tourne moins, le bassin ou les cervicales peuvent augmenter leur contribution.
Si un mouvement devient douloureux, le système peut se rigidifier et effectuer la tâche « en bloc ».
Ces stratégies sont souvent immédiatement utiles : elles permettent de continuer.
Elles deviennent pertinentes dans cette lecture fonctionnelle lorsqu’elles deviennent systématiques et modifient la répartition des contraintes.
Le cheminement fonctionnel appliqué au dos
Quel objectif le corps cherche-t-il à accomplir ?
une mobilité utile à la tâche devient moins disponible dans le rachis, le bassin ou les hanches
les muscles du tronc et des membres inférieurs réorganisent la rigidité et la production de force
le corps se penche, tourne ou se redresse avec une stratégie différente
une région devient douloureuse lorsque cette stratégie ne permet plus de tolérer confortablement la tâche.
Ce cheminement est un outil pédagogique pour comprendre une fonction. Il ne permet pas à lui seul de déterminer la cause d’un symptôme ni de poser un diagnostic.
Ce que les structures apportent à la fonction
Netter sert à préciser l’anatomie du rachis, du bassin et des muscles du tronc ; Dufour et Pillu sont essentiels pour analyser la transmission des forces entre thorax, lombaires, bassin et membres inférieurs.
- Rachis thoracique : rotation et orientation du thorax.
- Rachis lombaire : flexion-extension et transmission des forces.
- Hanches : grandes amplitudes nécessaires aux mouvements globaux.
- Bassin : interface mécanique entre rachis et membres inférieurs.
- Érecteurs / multifidus : contrôle de l’extension et de la rigidité segmentaire.
- Abdominaux : contrôle du tronc et gestion des forces dans plusieurs plans.
- Diaphragme / paroi abdominale / plancher pelvien : participent à la gestion de la pression interne et à la stabilité du tronc.
Trois choses à observer
- Quand vous vous penchez, quelle part du mouvement vient des hanches et quelle part du rachis ?
- Pouvez-vous tourner le thorax sans déplacer immédiatement tout le bassin ?
- Votre mouvement devient-il plus rigide dès que la charge augmente ?
Explorer dans le simulateur
Scénarios :
- flexion du tronc ;
- redressement ;
- rotation thorax/bassin ;
- stratégie de hanche.
Quand cette fonction devient douloureuse
Comment ce contenu a été construit
Auteur : Warren Lhote — Ostéopathe D.O.
Le contenu distingue quatre niveaux :
- la fonction : ce que le corps cherche à accomplir ;
- l’anatomie : les structures qui rendent cette fonction possible ;
- la biomécanique : les axes, forces et contraintes qui organisent le mouvement ;
- l’application individuelle : ce qui doit être examiné chez une personne avant de conclure.
Une explication biomécanique cohérente n’est pas automatiquement la cause d’un symptôme chez une personne donnée.
Dernière révision : 29 août 2026.
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Références principales
- Netter FH. Atlas of Human Anatomy. Elsevier.
- Kapandji IA. Physiologie articulaire, tomes 1 à 3.
- Dufour M, Langlois K, Pillu M, Del Valle Acedo S. Biomécanique fonctionnelle — Membres, tête, tronc. Elsevier Masson.
- Neumann DA. Kinesiology of the Musculoskeletal System: Foundations for Rehabilitation. Elsevier.